

Biographie
Chenyu Zhu est née en 2002 à Pékin. Elle étudie à Paris depuis 2020. Titulaire d’une Licence en Arts plastiques et d’une autre en Esthétique, elle prépare actuellement un Master 2 Arts plastiques et un Master 1 en Histoire de l’art. Chenyu Zhu utilise la transparence comme outil de construction de ses espaces picturaux : mémoire et perceptions se superposent et interrogent la façon de se situer face au social. En 2026, elle participe à une première exposition collective à la galerie Hebert.
Statement
« Mon travail naît de mes observations quotidiennes des lieux que je traverse, et notamment des jeux de reflets. Dans ma peinture, j’explore alors la transparence comme outil pour construire un espace où mémoire, perception et structures réelles se rencontrent.
La mémoire, fragmentaire et émotionnellement chargée, joue un rôle central. Elle façonne notre perception du réel et introduit des distorsions inconscientes. Mes toiles sont ainsi traversées par plusieurs temporalités, qui naviguent entre le présent et l’absent, le perçu et l’imaginaire. Ce va-et-vient reflète la manière dont nous appréhendons le monde et, comment nos récits de vie se superposent.
Je questionne la dualité entre apparition et dissimulation, dynamique et statique, et l’équilibre instable qui en résulte dans l’espace pictural, comme des scènes de théâtre, où les éléments se confrontent, se transforment et se redéfinissent. Cette recherche sur la cohabitation — entre objets, entre le sujet et les choses, entre l’individu et le monde — interroge notre façon de nous situer face au réel.
Je puise mon inspiration dans la pensée chinoise du Vide — un vide agissant, source d’harmonie et de potentialité infinie — ainsi que dans les concepts phénoménologiques où chaque élément prend sens par son interaction avec les autres. Les lignes tissent un réseau dynamique, agissant comme une force invisible mais essentielle à leur interconnexion, tout en laissant flotter une forme d’ambiguïté. »


Biographie
Célia Tual est née en 1995. Elle vit et travaille actuellement entre Lyon et Paris. Après avoir étudié le Design graphique et travaillé plusieurs années en galerie d’art, elle finalise en 2026 un Master Recherche et création contemporaine à l’EAS. Elle coordonne l’association NeufPH dédiée à l’image contemporaine, à Lyon. Son travail artistique porte sur le pouvoir des images fixes et en mouvement, à rêver, convoquer et interroger nos liens avec le vivant. Cette exposition présente pour la première fois son travail à Paris.
Statement
« Mes recherches, qui s’inscrivent dans une réflexion élargie autour de la pensée du vivant, alternent entre réflexions sur des enjeux sociétaux contemporains et introspection. À travers la photographie et le film, je m’intéresse à la manière dont les images peuvent produire des régimes d’attention spécifiques et contribuer à reconfigurer nos rapports aux non-humain·es.
Les projets que je développe prennent appui sur la matérialité des milieux naturels que j’explore et des êtres qui en composent la complexité. J’interroge à la fois les capacités du médium à rendre plus lisible et visible ces habitant·es et les problématiques qui les traversent. La forme paysage, souvent porte d’entrée pour penser la nature, est questionnée dans une approche contemporaine.
Influencée par le slow cinema, je crée des images qui invitent au temps long et à la contemplation. Mes films, souvent tournés en plan séquence fixe, convoquent des éléments variés : végétaux, reflets sur l’eau, fumées, soleil couchant, vagues, cendres, feux d’artifice, etc. je m’attache à rendre compte de leurs mouvements subtils et leur possible disparition. Ce travail repose sur des opérations de théâtralisation, de décomposition, et de reconfiguration spatiale, pour tenter de déplacer les modes habituels de lecture des images. Ces recherches, forme d’enquête plastique et théorique au long cours, intègrent des questions liées aux dispositifs d’installation des images, à travers leur production et leur agencement. »


Biographie
Thélème Agi est née en 2004 à Paris où elle vit et travaille. Elle baigne depuis son plus jeune âge dans l’art. Après s’être essayée à différents médiums, c’est dans l’installation qu’elle trouve le moyen de s’exprimer. Cherchant à comprendre notre rapport à l’espace, elle en fait un de ses matériaux principaux, aux côtés de la vidéo et de la sculpture. Thélème Agi est actuellement en Master 1 Arts plastiques à l’EAS ; elle expose, ici, ses travaux pour la première fois.
Statement
« Ma démarche s’articule autour de notre rapport à l’espace, notre manière de le percevoir, de l’appréhender ; quelle limite entre lui et nous ? Existe-t-on sans lui ?
L’art qui en découle, je le veux cru. Un art cru serait un art brut par son concept. Il serait décharné et sans artifice. Il serait nu, laissant apparaître l’inesthétique de l’œuvre. Il ne rejetterait pas l’esthétique mais la ferait cohabiter avec son contraire, rendant celui-ci dûment esthétique. Créant ainsi une nouvelle œuvre, en plus de celle d’origine : l’espace.
Pour ce faire, je m’attache à des matériaux vidéogéniques (un mouvement, un aspect, une faille dans le trottoir, un tendon de la main), j’explore où commence et où s’arrête notre humanité, ce que nous avons en commun (une sensation, un regard) et en altérité (un corps, une peur, une angoisse), je tente de saisir les dynamiques de nos réactions, de notre propre situation par rapport à un instant donné où il n’est plus question d’autre chose que de nous face à une question, face à nous-même, ce qui nous définit.
À la fois cathartiques et claustrées, mes vidéos cherchent à s’insinuer en vous, ne pas vous laisser le choix ou le temps de vous parer. Qui peut se parer contre un miroir ou une pensée ?
Peu importe la manière de recevoir, ou de représenter tant que c’est transmis. Rendre sa place à l’absurde, faire de l’art pour ce qu’il est, cru, nu et décharné. Qu’il ne devienne qu’un support à regard, un regard à supporter, une autre réalité. Une fenêtre – et une invitation à se défenestrer. »


Biographie
Kéliann Bazin est né en 2001. Il grandit dans la campagne chaourçoise (Aube) et côtoie dès l’enfance la diversité des milieux naturels, faune et flore, fixe et en mouvement. Il conçoit très tôt une approche initiatique de la matière, se montre attentif à ses qualités propres ainsi qu’aux gestes à adopter face à elle, auprès de son oncle artisan, au sein de l’atelier familial. Actuellement en Master 1 d’Arts plastiques à l’EAS, il participe ici à sa première exposition.
Statement
« Je viens à l’autre par transplantation. Mes racines se trouvent ailleurs : dans une ruralité où la présence humaine demeure limitée, aux abords de hameaux entourés de bois sombres et de vastes prairies. Un monde, ou la faune et la flore forment une harmonie productrice de sensations diverses, et où l’humain s’immisce dans ce calme ordonné. Ma pratique s’est développée dans ces interstices. Je n’émets aucune distinction entre l’existence quotidienne et ma production plastique, celle-ci se construit à partir des intensités discrètes que le réel recèle.
Je tente de mettre en œuvre une esthétique élémentaire, tournée vers le sensible, l’émotion, la contemplation en opposition au vacarme contemporain ; de ressentir l’étendue des variations dispersées. Mes sculptures naissent par assemblage de matériaux disparates, en tensions tenues, retenues. Chaque matériau choisi porte une densité symbolique, biographique, historique que scientifique. Ces éléments deviennent des points d’ancrage, des refuges dans le trouble. L’ensemble de ma démarche explore ainsi la proximité entre un écosystème naturel et une présence humaine en filigrane, dont la posture demeure incertaine.
Cette vision de l’échange avec le monde sensible n’est évidemment pas sans nuance, une ombre plane. La figure humaine renvoie au besoin de domination, de contrôle, à la vanité de l’instant. Dans mes travaux, je tente de faire exister le sentiment de cette domination illusoire. »
