Jacques Charlier – Collages de nuit

Déc 2002

DU 4 AU 20 DÉCEMBRE 2002

Tout ici, s’apparente au lieu traditionnel d’exposition  : une enfilade de cadres sombres aux dimensions variées est alignée sur chacun des murs du lieu d’exposition. Des bordures fines ou épaisses encadrent des photographies d’artistes de cabaret au moment clou du spectacle. Ceux-ci «  s’envoient en l’air  » seuls ou à plusieurs dans une ambiance désuète. Le vol d’un corps est suspendu à un ou deux mètres au-dessus de la tête des partenaires prêts à le recevoir. Plus stupéfiant encore, telle une méduse suspendue dans les airs, celle-ci a son visage à trois centimètres du sol, le reste du corps confondu dans des voiles dilatés dans l’espace. Jacques Charlier a ajouté, ici ou là, quelques mots ou des éléments graphiques de couleur directement sur la photographie ou dans les pourtours de l’encadrement.

(…)

Le détournement représente sans doute une des figures les plus savoureuses du recyclage narratif. La série Collages de nuit, que Jacques Charlier a généreusement déployée sur les murs, est constituée de photos de cirque ou de music-hall patiemment chinées dans les brocantes. À l’origine, probablement destinées à la promotion professionnelle des artistes et acrobates, Jacques Charlier en a fait l’objet d’un culte à la fois fétichiste et potache où les signes d’adulation, d’irrévérence, de tendresse ou d’ironie se disputent équitablement pour réactiver en définitive l’histoire de notre rapport ambivalent aux images  : une fascination à la mesure de leur immobilité, une dérision à la mesure de leur vanité.

Cf. Bernard GueltonIsabelle Vodjdani, «  Expositions Salle Michel Journiac 2002-2003  », dans  Revue Plastik n°3 – Le Temps des appareils, Publications de la Sorbonne, 2003 p. 123-168