Voici le temps des Assassins

Entré dans les mœurs

Quelle place pour l’art urbain ?

Cette exposition collective rassemble

cinq artistes français : 

Katre, Morèje, Nosbé, RCF1, Shaka.

Tous sont issus de l’interventionnisme citadin (tags, graffs, collages, installations in situ, etc.) ; tous sont d’anciens étudiants d’arts plastiques de Saint Charles ; tous sont des artistes estimés par le monde de l’art aux plans national et international. L’Ecole des Arts de la Sorbonne se devait de reconnaître enfin leurs innovations et leurs parcours.

Mais cette exposition est plus qu’un hommage. Ces artistes ont des styles et des pratiques différents et recourent à des matériaux divers, montrant ainsi toute la richesse plastique et esthétique de ce qu’on regroupe communément et hâtivement sous le label de street art, qu’il soit opéré dans un espace public ou sur supports privatifs. 

Loin des préjugés qui peuvent encore dévaluer ce nouvel art urbain, cette exposition atteste du renouveau plastique et spirituel opéré par ce mouvement artistique et culturel. Par le recours à des dimensions monumentales ou à des formats plus discrets, ces œuvres montrent que l’occupation de l’espace est non seulement une manière d’en révéler les potentialités de forme et de sens mais encore d’habiter le monde, de croiser les cultures ou de garder mémoire des lieux. 

De la sorte, notre environnement qui est trop souvent un entourage indifférent ou un cadre contraignant devient l’habitat d’une humanité requalifiée par l’art. C’est pourquoi ce qui est entré dans les murs, comme art urbain, se doit d’entrer dans les mœurs comme promesse de liberté recouvrée. 

 

« Carte blanche » à Christophe Genin